LA CHARTE DU RASSEMBLEMENT

Nouméa, le 17 avril 1977

 

Si nous savons se rassembler sur l’essentiel, et oublier, les vaines querelles du passé.
Si nous savons donner le pas aux forces qui nous unissent sur celles qui nous divisent.
Si nous savons préférer à la lutte contre des hommes le combat pour des idées.
Si nous savons affirmer la personnalité de notre société dans l’union et la compréhension entre toutes les ethnies.
Nous relèverons ensemble le défi Calédonien.
Et plus encore…
Nous nous montrerons des hommes
Dignes de notre pays
Digne de notre temps

Article 1er 

Dans le cadre institutionnel de Territoire de la République et dans l’attachement de ses ressortissants à la Nation Française, la collectivité Calédonienne manifeste sa volonté d’affirmer sa personnalité, avec ses particularismes et ses spécificités et, en tant que telle, d’assumer la responsabilité véritable de gérer ses propres affaires, dans la cohérences et l’efficacité.

 

Article 2

La Société Calédonienne est une Société pluriraciale et doit demeurer telle quelle, avec les conséquences suivantes :
– Toutes les entreprises de division ou d’exclusive, spécialement celles puisant leur source dans le racisme, doivent être dénoncées et combattues d’où qu’elles viennent et quels qu’en soient les auteurs.

 – La promotion de la Société Calédonienne doit être recherchée dans l’harmonie, c’est à dire dans l’entente et la compréhension mutuelle entre les ethnies, dans l’élimination des motifs de discorde et dans la volonté d’assurer à tous les habitants du Territoire les mêmes chances.

 

Article 3 

La notion d’attachement à la France ayant été clairement définie, la Métropole a une double obligation envers la population du Territoire.
1°) Faire jouer pleinement la solidarité nationale, compte tenu des difficultés exceptionnelles de l’heure ;
2°) Reconsidérer le contrôle exclusif de l’Etat sur l’exploitation des ressources minières du Territoire.
Si tel n’était pas le cas, le Gouvernement prendrait une grave responsabilité envers les Calédoniens, et les conséquences lui en seraient seul imputables.

 

Article 4 

L’affirmation de la personnalité Calédonienne doit conduire au renouveau. Ce renouveau doit prendre la forme d’un développement des activités industrielles, de la mise en place d’un plan de redressement accéléré, d’un redéploiement et d’une restructuration d’ensemble aux plans économique, budgétaire, fiscal et social.
Mais ce renouveau ne peut s’accomplir que dans le cadre des principes essentiels d’une économie libérale adaptée aux réalités du Territoire, pour une meilleure justice sociale.

 

Article 5

En application des options fondamentales définies aux articles ci-dessus, des mesures prioritaires doivent intervenir à échéance immédiate :
1°) Une réforme électorale qui permette un fonctionnement efficace et cohérent de nos institutions, par la mise en place d’une majorité réelle et stable à l’Assemblée Territoriale ;
2°) Une réforme foncière qui assure un règlement équitable du problème des terres dans l’ordre et la légalité ;
3°) Le lancement effectif du projet d’industrialisation du Nord ;
4°) Des mesures de sauvetage économique et, notamment, d’importants investissements publics pour résorber le chômage, un abaissement du coût des frets pour améliorer le pouvoir d’achat et une révision radicale des conditions de crédit, an accédant enfin au Long Terme, dans des conditions similaires à celles de la Métropole.

 

Article 6

Seul le Rassemblement des Calédoniens, dans la volonté d’entreprendre la défense et la rénovation de leur propre Collectivité, permettra à la Nouvelle-Calédonie de régler ses problèmes présents et de préparer sereinement son avenir.

CALEDONIENS, UNISSONS NOUS