Le Rassemblement Pour la Calédonie a pris naissance dans le prolongement d’une grande réunion populaire organisée le 17 avril 1977 à Nouméa par Jacques Lafleur. Devenu Rassemblement pour la Calédonie dans la République un an plus tard, ce mouvement a dominé, dès sa création, la vie politique calédonienne.
Présidé par son fondateur pendant près de 28 ans, il a rassemblé dans ses rangs tous les partis politiques opposés à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie
Le RPCR a disposé pendant plus de 20 ans de la majorité tantôt absolue, tantôt relative dans les institutions, et a été au centre de l’histoire politique contemporaine de la Nouvelle-Calédonie. Entre 1984 et 1988, Jacques Lafleur et le Rassemblement ont constitué le pôle essentiel de résistance à la revendication indépendantiste qui s’exprimait dans la violence.
Le 26 juin 1988, Jacques Lafleur, au nom du RPCR, Jean-Marie Tjibaou au nom du FLNKS et Michel Rocard, au nom du gouvernement français ont signé les Accords de Matignon qui ont mis un terme aux affrontements et engagé la Nouvelle-Calédonie sur la voie du développement et de la paix.
Pendant la durée des Accords de Matignon, le RPCR a géré la Nouvelle-Calédonie à travers ses majorités au Congrès, dans la Province Sud et les plus importantes communes du Territoire.
Dès 1991, Jacques Lafleur a énoncé, à travers la solution consensuelle, le pacte trentenaire et l’émancipation dans la République, les bases essentielles de l’Accord de Nouméa signé par les trois partenaires de Matignon le 5 mai 1998.
En mai 2004, Le Rassemblement-UMP (c'est désormais le nom du mouvement) perd les élections provinciales, le vent de la rénovation souffle alors et en juillet 2005 les militants choisissent pour la première fois à bulletin secret leur président et élisent Pierre Frogier pour succéder à Jacques Lafleur.
La rénovation débute, et avec elle les méthodes et les idées se modernisent. Tout d'abord dans les idées, Pierre Frogier prône la rupture de la lecture indépendantiste de l'Accord de Nouméa et veut que l'on revienne à une lecture plus conforme à l'esprit qui a présidé lors de la signature. Le Rassemblement-UMP derrière son président se bat également contre le gel du corps électoral et réclame le maintien du corps électoral glissant approuvé par 72% des calédoniens lors du référendum de 1998.
Dans la méthode, la rénovation s'exprime à travers la démocratie et avec transparence. Ainsi, en octobre 2006 les adhérents du mouvement ont eu à se prononcer sur le choix des candidats pour les élections législatives 2007. C'est la première fois que des primaires sont organisées au sein du parti. Pierre Frogier et Gaël Yanno sont désignés par les militants et investis officiellement par l'UMP pour défendre les couleurs de l'Union pour un Mouvement Populaire.
En juin 2007, un mois après l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, les deux candidats "Ensemble pour la majorité présidentielle" remportent les élections législatives dans chacune des circonscriptions.
Le Rassemblement détient les deux sièges de députés à l’Assemblée Nationale (Pierre Frogier et Gaël Yanno). Il est représenté au sein des provinces Nord, Sud et Iles, au Gouvernement et est présent sur l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie.
En mars 2008, lors des élections municipales, le Rassemblement-UMP conserve la Mairie de Nouméa, qui voit son conseil municipal rénové avec de nombreux nouveaux élus, la Mairie du Mont-Dore, de Farino, de Boulouparis et de l'Ile des Pins.
Le Rassemblement-UMP parvient également à remporter la mairie de Dumbéa.
Dès le mois de juin 2009, le Rassemblement-UMP lance sa campagne électorale pour les propoviciales de mai 2009. Le mouvement organise 6 conventions thématiques au cours desquelles plusieurs personnalités et experts de la société civile débattent. Ces réunions de travail ont pour objectif de nourrir le programme. Elles portent sur l'éducation, l'environnement le développement et la qualité de vie, l'agriculture le développement rural et les questions foncières, le pouvoir d'achat le développement économique et les finances publiques, les questions sociales et comment être mélanésien et français.
La campagne électorale est officiellement lancée à Dumbéa le 11 avril 2009. Les listes seront menées par Pierre Frogier en Province Sud, Léontine Ponga en Province Nord et Michel Luepack en Province des Iles Loyauté.
Le 10 mai la liste menée par Pierre Frogier arrive en tête avec 29% des suffrages exprimés et obtient 15 sièges à l'Assemblée de la Province Sud. La liste menée par Léontine Ponga obtient 9% des suffrages exprimés et 1 siège à l'Assemblée de la Province Nord. Enfin la liste menée par Michel Luepack ne franchira pas la barre des 5% de suffrages exprimés. Aucun élu du Rassemblement-UMP ne siège donc à l'Assemblée de la Province des Iles Loyauté.
Ainsi, 13 élus (12 issus de l'Assemblée de la Province Sud et 1 de celle du Nord) siègent au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Le Rassemblement-UMP a le groupe le plus important de l'assemblée délibérante de Nouvelle-Calédonie et redevient ainsi la première force politique.
Pourtant aucune majorité stable ne s'est dégagée dans les assemblées de Province et au Congrès. Devant le risque d'instabilité insttutionnelle, Pierre Frogier propose dès le 12 mai 2009 d'organiser une majorité stable, unie sur un projet, qui puisse assurer la gestion efficace et sereine de nos institutions. Le moment est venu de refaire l'unité de notre famille, et d'organiser le regroupement de tous ceux qui veulent maintenir la Calédonie dans la France.
Le pouvoir institutionnel est ainsi partagé. Le Rassemblement-UMP préside la Province Sud dont l'Exécutif est partagé avec deux élus de Calédonie Ensemble, et fait liste commune avec les autres partis politiques (Calédonie ensemble, l'Avenir Ensemble, le LMD et le RPC) au gouvernement, permettant à trois des onze membres du gouvernement présidé par Philippe Gomes d'être élus du Rassemblement-UMP. Enfin, le Rassemblement-UMP préside également la Commission permanente du Congrès.
Cette union aura des prolongements en juin 2009 lors des élections européennes. Tous les mouvements politiques qui souhaitent que la Calédonie reste française soutiennent Maurice Ponga, candidat UMP pour l'Outre-mer. Ce soutien massif lui permettra d'obtenir 59,33% des suffrages et de siéger au parlement Européen.
Cette entente se traduit donc par un partage des responsabilités au sein des institutions, en fonction de la représentativité de chacun. Mais, il ne s'agit pas seulement d'une distribution de postes.
Pierre Frogier est en effet intimement persuadé qu'il est de la responsabilité du Rassemblement-UMP de constituer une nouvelle force politique pour affronter les échéances des prochaines années, essentielles pour la Nouvelle-Calédonie. Il propose donc d’organiser autour de l’UMP une nouvelle force politique pour franchir une nouvelle étape.
L’Accord de Nouméa est inachevé. La conviction du Président du Rassemblement-UMP, est qu'il faut une solution définitive démocratique qui ancre la Calédonie dans la France, selon des modalités et des conditions qui auront été définies avec l'Etat, partenaire de l'Accord de Nouméa.
Il propose que la Nouvelle-Calédonie exerce un maximum de compétences de gestion, dans une très large autonomie, en consentant, librement, que les compétences régaliennes soient exercées par la République Française.
Le 24 octobre 2009 à Boulouparis, devant le Comité directeur du Rassemblement-UMP Pierre Frogier trace les grandes lignes de ce projet et propose de mettre à profit les années qui viennent pour imaginer avec les autres partenaires de l’Accord de Nouméa une solution qui fédère et qui rassemble.
Le 10 février 2010 Pierre FROGIER propose qu'à l’occasion du Comité des signataires qui se tiendra en avril, la question des signes identitaires, et notamment celle du drapeau, soit abordée. Il souhaite que les deux légitimités reconnues en 1988 par les Accords de Matignon Oudinot s’expriment au travers des deux drapeaux : celui de la souveraineté (le drapeau bleu-blanc-rouge) et celui de l’identité (le drapeau indépendantiste). « Ce drapeau pourrait alors représenter cette part de la Nouvelle-Calédonie mélanésienne et océanienne indissociable de son identité européenne et française » indique Pierre FROGIER.
Le 8 mars 2010 le président du Rassemblement UMP indique qu’il souhaite également soumettre au prochain comité des signataires un schéma directeur métallurgique afin de rendre cohérent le développement des trois opérateurs, au bénéfice de la Nouvelle-Calédonie. Pour Pierre FROGIER "l’avenir métallurgique ne peut pas passer par la concurrence entre opérateurs mais par une synergie et une complémentarité." La Nouvelle-Calédonie doit être actrice de cette mutualisation et la SLN en serait l'outil central.
Le 24 juin 2010, le Comité des signataires se réunit à Paris en présence de François FILLON. Les conclusions entérinées valident les propositions du Rassemblement-UMP, de faire flotter les drapeaux tricolore et identitaire kanak côte à côte, établir un bilan de l’Accord de Nouméa, ouvrir les discussions sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie et la mise en place du schéma stratégique industriel.
Le 13 juillet 2010, le congrès de la Nouvelle-Calédonie a adopté la proposition de vœu d’arborer côte à côte le drapeau indépendantiste et le drapeau bleu-blanc-rouge sur les édifices et bâtiments publics de la Nouvelle-Calédonie.
Ce vœu avait été déposé par Pierre FROGIER, Harold MARTIN et Rock WAMYTAN, trois signataires de l’Accord de Nouméa.
Dans son intervention, Pierre FROGIER a indiqué qu’il savait les risques qu’il prenait il y 4 mois en faisant une telle proposition, mais il « considérait qu'il était de sa responsabilité, aujourd'hui, de porter un projet d’avenir pour concrétiser notre vivre ensemble et bâtir notre destin commun » afin « de relancer le processus ouvert en 1988. »
Dès son arrivée en Nouvelle-Calédonie, samedi 17 juillet 2010, le Premier Ministre François FILLON a officialisé, au Haut-commissariat, la double légitimité des drapeaux kanak et bleu-blanc-rouge qui flotteront désormais côte à côte en Nouvelle-Calédonie. La levée de drapeaux, était précédée d'une cérémonie coutumière au cours de laquelle le Président du Sénat coutumier, Julien BOANEMOI a indiqué « qu'une nouvelle page de notre histoire commune est en train de s'écrire ». Proposée par Pierre FROGIER, cette reconnaissance d'une double légitimité, née de la poignée de mains en 1988 a été saluée symboliquement par François FILLON.
Pierre FROGIER qui dans son discours rappelle qu’« au nom de nos deux légitimités historiques, nous avions décidé de civiliser nos antagonismes pour proposer, ensemble, aux calédoniens, un chemin de paix, de confiance, de partage et de rééquilibrage. ».
Le samedi 7 août 2010, lors d'une émouvante et symbolique cérémonie, en présence des coutumiers du Sud, du Commissaire délégué de la République, des Parlementaires et des élus, le drapeau de la République et le drapeau kanak ont été levés par Pierre FROGIER et Charles PIDJOT dans l'enceinte de l'hôtel de la Province Sud. Après le geste coutumier, la cérémonie a été reçue la bénédiction du Père APIKAOUA.
Pour Pierre FROGIER « c'est un geste qui nous engage, qui engage l'avenir, celui de nos enfants et celui des générations futures. »
Trois comités de travail ont été installés par le Haut Commissaire Yves DASSONVILLE durant le mois d’octobre 2010. Les élus et représentants du Rassemblement-UMP participent activement à ces trois comité ; sur le bilan de l’Accord de Nouméa ; sur le schéma stratégique industriel et l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.
Le 23 octobre 2010, ce sont 2500 adhérents du Rassemblement-UMP qui se retrouvent à la Halle des sports de Boulari pour un congrès en famille et en confiance. Quatre motions sont adoptées à l’unanimité, dotant du mouvement d’une ligne politique à mettre en œuvre dans les comités de travail mis en place par l’Etat.