Éric Gay élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur

Article LNC du mercredi 6 décembre 2017 – A.-C.P.

Photos Thierry Perron – LNC

Mont-Dore. La cérémonie a clos le déplacement de quatre jours du Premier ministre, hier après-midi, au lycée. Édouard Philippe a remis la Légion d’honneur au maire, saluant son parcours. Éric Gay a insisté sur l’importance des actions à mener en faveur de la jeunesse.

Tout un symbole. C’est sous le préau du lycée du Mont-Dore qu’Édouard Philippe a décoré Éric Gay de la Légion d’honneur, hier après-midi. C’est le maire qui a souhaité que la cérémonie s’y déroule. Une façon, aussi, pour le Premier ministre, de mettre à l’honneur l’établissement, âgé d’à peine un an, ainsi que l’action de l’État. « Nous sommes dans un lieu qui forme la jeunesse, un lieu où l’on permet d’accéder à l’autonomie et à l’épanouissement intellectuel. Et ce, dans un lycée magnifique. J’en ai vu des établissements, mais là, c’est pas mal, appuie Édouard Philippe, provoquant des rires de satisfaction dans l’assistance. Cela montre l’engagement pris par l’État de donner les moyens à la Nouvelle-Calédonie dans le cadre du transfert de compétences. » Et de remettre la Légion d’honneur à une des « chevilles ouvrières » du projet. Une médaille qui reconnaît l’engagement sportif, associatif et politique d’Éric Gay.

Trois enfants sauvés de la noyade

Un long parcours sur lequel Édouard Philippe est revenu en détail dans son discours. De la naissance à Canala, en 1958, au départ à Nouméa, pour le lycée, puis l’installation en Métropole. D’abord à Poitiers, pour le service militaire, puis à Vichy, au Creps, où Éric Gay obtient son diplôme de professeur d’éducation physique. De retour sur le territoire, en 1983, il enseigne à Jules-Garnier. Puis passe le concours de chef d’établissement en 1996 et devient principal adjoint du collège de Boulari. C’est là que se passera, le 2 octobre 2001, un événement resté gravé. « Des inondations touchent l’établissement et trois élèves se retrouvent happés par les eaux des canalisation. Sans hésitation, vous avez plongé et les avez sauvés, raconte Édouard Philippe. Je dis “sans hésitation”, mais je ne sais pas si c’était sans hésiter ou sans réfléchir. Mais vous avez pris la bonne décision. »

Sa deuxième vie le voit évoluer dans le monde sportif. Éric Gay entame une carrière d’entraîneur de basket, puis de président du CTOS, Comité technique olympique et sportif. Mais, « ça ne suffisait pas à votre soif de participation à la vie publique ».

D’où la troisième vie du maire. Engagé derrière Pierre Frogier au sein du Rassemblement, il devient conseiller municipal en 1995, adjoint, puis maire en 2003. Poste qu’il occupe toujours. L’éloge ne pouvait être complet sans une allusion aux violences de Saint-Louis. « Le maire incarne mieux que quiconque la démocratie locale, il est le gardien du bon ordre et le représentant de l’État au niveau local. C’est une lourde charge que vous avez illustrée l’an dernier, en apaisant une situation tendue. » Dans ses remerciements, Éric Gay a salué sa famille, ses amis, les présents et les absents.

« Un chemin de la paix »

« À ceux, ici ou loin, qui chaque jour m’accompagnent sur cette route. Ce sont eux qui m’ont supporté, façonné, avec des valeurs morales, océaniennes, chrétiennes. » Sur deux grands écrans, pendant le discours, défilent des paysages de la Nouvelle-Calédonie, la photo de Jean-Marie Tjibaou et de Jacques Lafleur. Le leitmotiv ? Bâtir et vivre ensemble. La raison de son engagement politique. Éric Gay se veut rassembleur. Et surtout attentif au devenir de la jeunesse. « Parfois métissée, si belle, multiculturelle, parfois turbulente. Personne ne peut ignorer les événements de Saint-Louis, avec tous les drames qui l’accompagnent. Quel que soit le parcours, les honneurs, il faut rester humble devant la douleur des uns et des autres, pour ne pas revivre les erreurs du passé. » Les idées reviennent. Regarder devant et construire. Et, en guise de dernière image, fixe sur les écrans ? Des totems. Ils seront treize au total. Treize à marquer et identifier les quartiers de la ville. Éric Gay conclut. « Afin de tracer un chemin de la paix. »