La France ou l’indépendance ?

Voici quelques extraits de la déclaration prononcée par le sénateur Pierre FROGIER, lors de l’examen du projet de loi organique :

Le contenu du projet de loi organique

“On peut se réjouir, bien sûr, qu’un accord ait été trouvé sur la question délicate de la composition de la liste référendaire.
Je veux me féliciter par ailleurs, de l’amendement présenté par le Gouvernement visant à mieux encadrer l’usage des procurations. Merci de nous avoir entendus, car cette consultation exige que chacune et chacun d’entre nous s’exprime personnellement. Il en va de la sincérité de ce scrutin.”

L’ambiguïté et le non-dit de l’Etat

“Lors de son déplacement en Nouvelle-Calédonie en décembre dernier, le Premier ministre a affirmé que ” le peuple calédonien serait amené à s’exprimer souverainement ” lors de la consultation d’autodétermination.

Que le Premier ministre de la France fasse référence dans son discours à un peuple distinct du peuple français, qui de surcroît serait souverain à quelques mois du scrutin d’autodétermination, ça ne peut pas être une maladresse.

Cela marque une orientation. Inscrire d’ores et déjà, la Nouvelle-Calédonie en marge de l’ensemble français. Donner des gages aux indépendantistes, que l’on sait pourtant minoritaires parmi les citoyens calédoniens.

C’est la poursuite de l’ambiguïté à laquelle nous ont déjà habitués les gouvernements de François Hollande.

L’ambiguïté, elle est partout dans la manière dont l’État aborde cette consultation.

Car ne nous y trompons pas, dans cette affaire les positions respectives des partisans du maintien dans la France, et des indépendantistes, sont parfaitement connues. Le seul dont l’avis n’est pas connu, le seul qui refuse de s’engager, le seul qui ne veut pas dire ce qu’il veut, c’est l’État !”

Le refus d’une indépendance qui ne dit pas son nom

“Je n’ai certainement pas reçu mandat de mes électeurs pour préparer, même sous forme d’hypothèse de travail, le scenario d’une Nouvelle-Calédonie indépendante, ou associée à la France !

Toute l’histoire du parti politique que je préside, toute mon histoire personnelle, c’est de permettre à la Nouvelle-Calédonie de rester française.

Et l’État, à quelques semaines d’un référendum politiquement mal préparé, voudrait que je donne ma caution à cette démarche ?

Mes chers collègues, je le dis très clairement devant vous : l’État n’a, par définition, aucune légitimité pour préparer l’indépendance, tout simplement parce que l’indépendance, c’est la fin du lien politique et juridique avec la France.”

Que l’Etat affirme enfin ce qu’il compte préparer !

“J’attends de votre part, Madame la Ministre, une réponse claire pour permettre à chacun de se positionner en conscience :

– ” Oui, l’État vous demande d’évoquer aussi l’hypothèse de l’indépendance ” ;
-ou ” Non, l’État prépare la seule situation qui relève de sa compétence, c’est-à-dire le maintien dans la France “.

S’il s’agit de préparer notre avenir dans la France, comme c’est la responsabilité première de l’État, alors dites-le et je m’y engagerai de toutes mes forces.

Mais s’il s’agit aussi de préparer l’hypothèse d’une indépendance, ou d’une indépendance-association, alors je vous combattrai résolument.”

Une question claire pour une consultation sans ambiguïté…

“Ce que je demande aussi à l’État, c’est de la clarté à la veille de ce référendum fondateur.

Ceci m’amène à ma deuxième question : il existe une grande crainte parmi nous, sur le fait que l’État propose aux suffrages des Calédoniens une question ambiguë, alambiquée.

Pouvez-vous me confirmer que votre intention est bien de demander aux Calédoniens s’ils souhaitent ou non le maintien dans la France, sans aller à la recherche de formulation susceptible de biaiser l’expression de leur volonté ?

Si le temps de la recherche d’un nouvel accord est passé, la période qui nous sépare de la consultation ne peut pas être celle de l’ambiguïté.”

 

Ci-dessous la déclaration intégrale de Pierre Frogier

180213 Discours Pierre Frogier - PJLO - Sénat.docx