Retour sur le discours du Premier ministre devant le congrès

La reconnaissance et l’admiration pour un processus d’exception…

 

« Pour construire, nous pouvons nous appuyer sur un héritage … une forme sans précédent dans l’Histoire – c’est pourquoi elle a inspiré plusieurs processus de paix – et sans équivalent dans le monde ».

C’est ainsi qu’Edouard Philippe qualifie les trente dernières années que nous venons de vivre et fait la louange « du sens du compromis » et de ce processus unique qui permet aux Calédoniens de vivre aujourd’hui ensemble et dans la paix.

Nous ne pouvons que nous féliciter qu’Edouard Philippe s’inscrive ainsi dans les pas de Michel Rocard et de l’ensemble des signataires des Accords qui ont su, avec un grand sens de la responsabilité aller les uns vers les autres.

Le Premier ministre n’hésite pas à affirmer que cette méthode est jalonnée par des actes « hautement symboliques », n’hésitant pas à prendre en exemple « la poignée de mains entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou » et « la levée, côte à côte, des deux drapeaux », celui de la République française et celui de l’identité kanak, à nouveau réconciliés.

 

La méthode Philippe: le sens du verbe juste…

 

Le dialogue approfondi est incontestablement le pilier de la méthode du Premier ministre, méthode qu’il caractérise lui même de « simple et éprouvée ». Il envisage ainsi à la fois et dans le même temps :
– « un dialogue resserré avec une dizaine de représentants »
– la « tenue de comités des signataires » (le prochain en mars)
– « un temps d’échanges comme dans les palabres à l’océanienne marqué par le respect de l’autre et l’écoute de sa parole ».

En août dernier, au sénat, Pierre Frogier l’interpellait lors des questions au Gouvernement:

« Monsieur le Premier ministre, êtes-vous prêt, lors de votre venue annoncée à vous engager dans ce grand palabre pour l’avenir ? La parole de l’Etat est attendue à Nouméa, la parole de la France est attendue dans le Pacifique »

Nous nous félicitions que le Premier ministre ait répondu à cette demande en faisant sien ce grand palabre indispensable pour apaiser les tensions entre les deux légitimités aux aspirations contraires en Nouvelle-Calédonie (les indépendantistes et les non-indépendantistes).

C’est dans ces conditions seulement que nous pourrons conserver une paix indispensable pour les Calédoniens dans le cadre de la sortie de l’Accord de Nouméa.

Le Premier ministre affiche ici de belles et nobles ambitions et la parole de la France a bien été entendue à Nouméa. Cette parole replace aujourd’hui l’Etat en tant qu’acteur de premier rang dans notre devenir.

 

Vigilance-prudence…

 

Bien que satisfaits que nos inlassables sollicitations de l’Etat ces dernières années trouvent enfin un véritable écho, nous serons vigilants à ce que ces intentions se traduisent par des actes concrets qui conditionnent la sortie de l’Accord.

Il nous paraît essentiel dans cette démarche de respecter la volonté des Calédoniens. Une grande majorité d’entre eux souhaite le maintien de la Nouvelle-Calédonie au sein d’une France qu’ils aiment et qui les protège, quelle que soit leur communauté d’appartenance.