Thierry Santa – Meeting de l’avenir en confiance

Mes chers amis,

Vous l’avez compris, nous avons choisi de nous unir pour vous redonner confiance dans votre avenir. Mais, ce choix prend toute sa force par la confiance et l’espoir que vous nous témoignez aujourd’hui, par votre présence, si nombreuse. Et s’il y a une chose à voir aujourd’hui, c’est bien ce formidable élan qui nous engage, qui nous pousse, qui nous motive et qui nous oblige.

Rester français. Vous voulez rester français parce que vous savez bien que c’est la seule et unique façon de vivre en paix, tous ensembles.

La France est garante de l’égalité de traitement de tous les Calédoniens, qu’ils soient de cœur ou de naissance, quelle que soit leur origine.

La devise de la France : « Liberté, Egalité, Fraternité » accompagnée de nos valeurs chrétiennes et océaniennes, sont synonymes de tolérance, de respect et de solidarité.

Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, les prédateurs sont nombreux. Qu’ils soient industriels ou étatiques, leur appétit est aussi féroce que les attraits de notre belle Nouvelle-Calédonie. Et c’est la France, qui nous protège, c’est la France, qui offre l’opportunité à notre petit archipel du Pacifique de 300 000 habitants de peser sur la scène mondiale.

Que les kanak aspirent à la dignité, chacun peut le comprendre. Ils ont cru que l’indépendance kanak socialiste était la réponse et ils se sont battus pour l’obtenir. Mais l’acte politique le plus fort et le plus fondateur de notre histoire est un geste de paix. C’est la poignée de main de Jacques Lafleur et de Jean-Marie Tjibaou qui a inspirée tous ceux qui les ont suivis. Mais c’est aussi c’est la générosité et la participation active de la France.

Les indépendantistes ont abandonné leur revendication violente et en contrepartie nous, les loyalistes, avons abandonné le fait majoritaire.

Pourtant, malgré tous nos gestes, malgré toutes les opportunités, malgré tous les efforts déployés pour les inciter à construire une communauté de destin, leur discours est resté figé dans un passé révolu, et leur objectif reste l’indépendance à tout prix.

Et je veux l’affirmer avec force devant vous. Nous ne sommes plus au 19ème siècle où la quasi-totalité des pays du monde étaient colonisés.

Nous sommes au 21ème siècle et aucun Calédonien n’a de dette coloniale envers qui que ce soit. Quelle que soit notre communauté et nos métissages, nous sommes Calédoniens à part entière et personne ne peut le contester.

Au cours des 30 dernières années, nous nous sommes efforcés de bâtir une Calédonie où chacun puisse vivre dignement, dans la paix, dans la France.

Vivre dignement, c’est :

  • Vivre en bonne santé,
  • Vivre en sécurité,
  • Pouvoir loger et nourrir sa famille,
  • Eduquer ses enfants,
  • Et vivre selon ses us et coutumes.

Notre conviction est que tout cela n’est possible que dans la France et grâce à une économie prospère.

Or, la situation économique est catastrophique. Tous les jours, nous voyons des fermetures de magasins, nous entendons la détresse de nos concitoyens qui ont perdu leur emploi et nous constatons l’immobilisme de nos institutions.

La politique économique et sociale mise en œuvre par la majorité actuelle Calédonie Ensemble/indépendantistes a tué l’esprit pionnier calédonien et détruit le pouvoir d’achat des calédoniens.

Au contraire, c’est en libérant les énergies, en assouplissant les contraintes administratives et en soulageant les charges des entreprises que ces dernières développeront leur activité, créeront des emplois et produiront de la richesse qui pourra être redistribuée aux plus démunis. C’est ce cercle vertueux que nous vous proposons.

L’exemple de la SLN est emblématique en la matière. Pour survivre face à la concurrence internationale, elle n’a pas d’autre choix que de réduire ses charges en augmentant la productivité de ses salariés et en diminuant le coût de son énergie. En outre, il est également vital qu’elle puisse exporter des minerais qui aujourd’hui ne sont pas valorisés. L’énergie et les exportations relèvent de décisions de la majorité au pouvoir.

Or, je suis très inquiet quand j’entends les discours indépendantistes qui sont prêts à sacrifier Doniambo et ses 800 emplois  pour récupérer les titres miniers de la SLN afin d’alimenter les usines off-shore de la SMSP. Je ne suis pas rassurer, non plus, par le pseudo soutien du leader de Calédonie Ensemble quand, dans les faits, le gouvernement impose des conditions aux demandes d’exportation de la SLN et que le président d’ENERCAL, membre actif de Calédonie Ensemble, refuse de négocier une baisse du prix de l’électricité.

Cette vision doctrinale et mortifère de l’économie doit cesser et nous avons besoin de vous pour cela.

Nous chérissons tous notre belle Calédonie. Elle doit être préservée et le développement économique futur doit impérativement s’appuyer sur les principes d’économie verte et d’économie bleue. L’innovation doit être au cœur de nos réflexions afin de mettre en valeur la biodiversité extraordinaire de notre caillou. La production d’énergies renouvelables doit s’accélérer. Ses valeurs environnementales guideront notre action dans les années à venir.

En matière de sécurité, nous constatons tous une augmentation régulière des faits de délinquance depuis plusieurs années. Face à ce constat, la réponse exige plus que des paroles, elle exige des actes concrets en terme de répression. Mais, elle exige aussi une vrai politique de prévention s’inspirant du modèle Islandais s’appuyant en particulier sur tout le réseau associatif. Enfin, nous ferons pression auprès du représentant de l’Etat pour plus d’efficacité dans l’application de la loi.

Nous nous engageons à être davantage à votre écoute et à faire de vous notre essentiel. Vous avez des choses à nous dire et il est de notre responsabilité de vous écouter. Nous mettrons en œuvre des outils afin de vous permettre de vous exprimer sur tous les sujets importants de votre vie.

C’est un jour particulier pour nous tous, et je voudrais vous dire un mot plus personnel. Mon engagement politique est intimement lié à ma volonté de changer les choses.

J’étais convaincu que les Calédoniens avaient dépassé le débat pour ou contre l’indépendance, j’étais convaincu que les Calédoniens, dans leur immense majorité considérait la France comme une chance et non pas comme une puissance coloniale. Je pensais que nous devions concentrer nos efforts sur la construction d’une identité commune.

Force est de constater que le chemin est encore long. La mandature qui s’achève a démontré que l’esprit communautariste est loin d’avoir disparu, il suffit de regarder les résultats du référendum pour s’en convaincre.

Méprisant l’histoire et les hommes, certains ont décidé d’instrumentaliser les vieux démons qui nous ont, jadis, conduit à la guerre. L’extrémisme est devenu un fonds de commerce électoral, où l’on n’hésite plus à utiliser les petites phrases radicales, l’exclusion et le racisme.

Face à cela et face à eux, je suis convaincu que la meilleure réponse est le respect. Nous ne devons pas céder sur cette valeur fondamentale Le respect de chacune et de chacun d’entre nous, quelles que soient nos différences, nos qualités ou nos défauts. Il n’y a que le respect qui peut ouvrir un chemin de paix, et de confiance. Ce sont nos différences qui nous enrichissent et non pas le repli sur soi qui n’entraine que haine et violence.

Mes amis, lorsque je vous regarde, je suis convaincu, que nous avons, ensemble, le pouvoir d’ouvrir ce chemin et de construire un avenir en confiance. C’est ce qui fonde mon engagement politique et c’est à cela que je vais consacrer toutes mes forces.

Je vous remercie.